Refermer après usage

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dim 07 octobre 2007

De l'incompatibilité supposée de certaines activités

En tous cas il y a une chose qui ne change pas depuis que je suis revenue au lycée : je suis toujours la fayote de service... A l'époque, c'était par un mélange d'habitude, d'orgueil et parce que j'avais horreur de me faire réprimander par les profs.
Aujourd'hui, c'est un peu parce que c'est facile (pour l'instant), et beaucoup parce que j'ai une soif d'apprendre absolument inextinguible dans ce domaine ; donc bin c'est pas compliqué, j'écoute, je prends des notes, et je ne bavarde pas quand le prof parle.

Et, comme à l'époque, mes camarades, un peu manichéens dans leur manière de voir le monde, surestiment ma geekitude (ce n'est pas tout à fait le terme adéquat mais je ne trouve pas plus exact) : quand j'étais au collège, on me soupçonnait d'écouter de la musique classique toute la journée chez moi (alors que sorti des Beatles, je n'y connaissais rien, et encore maintenant la musique classique, je suis une vraie béotienne).

Et aujourd'hui...

Vendredi dernier, alors qu'au petit matin la plupart des mes camarades dormait à moitié (ou totalement) sur la table en attendant que le prof commence le cours, je m'extasiais des propriétés quasi-magiques du Madiran, qui absorbé en trop grande quantité (je ne marchais plus droit) la veille au soir, ne laissait pas la moindre trace douloureuse de gueule de bois au matin.

_ C'est fou, non ? Je suis même presque alerte ! m'exclamais-je, prenant à témoin la jeune Lisa, affalée en face de moi.

_ Tu as pris une cuite hier ? me demanda-t-elle alors, incrédule.

_ Bin oui, c'était pour accompagner ma voisine qui en avait besoin, je me suis laissée surprendre, 14° faut dire le Madiran...

_ Tu bois ??!?

_ Mais... oui. C'est tellement incroyable ?

_ Carrément ! Tu as l'air si... sérieuse !

Elle n'en revenait pas.

Ici je dois préciser quelque chose à propos de la sémantique à géométrie variable du verbe "boire". Chez les adolescents, boire de l'alcool signifie nécessairement se bourrer la gueule ( "J'ai bu 19 bières l'autre soir", nous racontait avec satisfaction un camarade, par exemple), sinon quel intérêt ?
En ce qui me concerne, comme pour beaucoup de gens et sauf exceptions de type Gros Chagrin Inconsolable, il s'agit de déguster... Savourer, reconnaître des arômes de fruits rouges ou de cuir ou de gingembre de tel cépage, et au passage tenter d'améliorer mes maigres connaissances en oenologie.

... Oui, bon d'accord, une vraie geek même en matière de pinard. Indécrottable.

mar 25 septembre 2007

Nous n'avons pas tout à fait les mêmes valeurs

L'une de mes jeunes camarades a invité toute notre classe à venir déjeuner chez elle demain (la jeune camarade en question a le cul incroyablement bordé de nouilles, elle partage un 100m² dans le 13e avec une autre jeune fille pour 200€ par mois - chacune).

Au menu : des nouilles, mais surtout de quoi boire (bière, alcools forts) et de quoi fumer.

Comment dire ? En fait de nouilles, je rêve d'un repas un poil plus élaboré, par exemple des nouilles d'accord, mais avec des courgettes et des échalotes revenues dans l'huile d'olive, des pignons de pin, quelques brins de coriandre et du parmesan râpé... Par exemple. Pour l'alcool, à cette heure-ci je préfère un gentil petit St-Pourçain au goût de fruit. Quant à la fumette, sans entrer dans les détails : jamais en milieu de journée, enfin !

Bref, à mes yeux cette petite réunion va manquer de savoir-vivre (et aux leurs, je vais passer pour une bourgeoise bégueule - ils n'auront peut-être pas totalement tort, remarquez).

Simple question d'âge, encore une fois !

Un autre point de divergence : nos façons de dire. A 18 ans, on dit "c'est chelou" ; à 23 ans, plus classiquement on dira "c'est zarbi".

Un autre moment édifiant : alors que je discutais l'autre jour avec mes petites camarades, l'une d'entre elles s'exclama "wah, comme tu parles trop bien !" .
Je crois qu'elle faisait allusion non pas à mon vocabulaire mais à mon phrasé ; et simultanément, j'ai réalisé que
1/ souvent, effectivement, je ne bitais rien à ce qu'ils se racontaient entre eux parce qu'ils bouffaient les mots
2/ ça faisait un moment que mes parents ne m'avaient pas reproché de ne pas assez articuler quand je parlais...

Scoop : contrairement à ce que l'on croit, les enfants apprennent donc à parler non pas lors de la petite enfance mais plutôt à la fin de l'adolescence !

jeu 13 septembre 2007

Tout est relatif, bien sûr

Il y a une chose qui me rassure, depuis que j'observe mes camarades : moi qui me croyais lymphatique, je découvre qu'ils sont pour la plupart de vraies moules (voire des courges pour les cas extrêmes).

Rien ne les motive, rien ne les enthousiasme, si ce n'est la perspective de rater un cours ou de voir le week-end arriver (et encore, ils sentent que celui-ci va passer à toute allure). Pour résumer le phénomène en un mot : "bof...".

Je m'aperçois donc que je suis parmi les plus énergiques du groupe - ça me fait drôle, presque plus que le fait d'être la doyenne.
Et je conçois enfin ce que cette mollesse peut avoir d'agaçant, pour qui sent un soupçon de vitalité lui courir dans les muscles et dans les neurones. Au lieu de me désespérer, cet entourage me stimule, je me sens soulagée de mon travers, d'une façon d'autant plus réjouissante que je l'ai toujours sous les yeux mais que je n'en suis plus la détentrice !

sam 08 septembre 2007

Premières impressions

Après trois jours de cours, je ne suis, dans mon corps et dans ma tête, pas encore habituée à ma nouvelle vie de lycéenne attardée.

Quand on me dit, le soir, "bon courage pour demain matin", parce que le lendemain matin je dois me lever tôt et qu'on sait que je n'ai pas l'habitude, il y a d'abord une fraction de seconde où je songe "hein ? quoi ?" et puis : "ah oui, les cours".

Les cours en eux sont prometteurs, je vais apprendre des tas de choses, d'ailleurs j'ai déjà commencé.

Mes profs sont normaux, sauf un qui est absolument psychopathe - mes petits camarades du haut de leurs 17, 18 ou 19 ans ne semblent pas s'en rendre compte, mais tous les adultes à qui j'ai décrit le phénomène sont aussi choqués que moi.

Ils sont marrants, d'ailleurs, ces gamins, j'avais oublié comment c'était : ils râlent sans arrêt, dès qu'il faut écrire trois lignes ou retenir un schéma par coeur ; ils ne sortent de quoi écrire le cours que si le prof leur demande expressément ; ils réclament tout le temps des pauses ; certains portent des espèces de serpillères autour du cou ; ils ont tendance à ne pas s'éparpiller, ils forment plutôt des grappes. Enfin bref c'est rigolo de les regarder vivre, j'ai la sensation de revenir à ma première vocation, l'ethnologie.

C'est également amusant de songer qu'il y a deux ans, c'était moi qui faisais cours à des gens de leur âge...