En tous cas il y a une chose qui ne change pas depuis que je suis revenue au lycée : je suis toujours la fayote de service... A l'époque, c'était par un mélange d'habitude, d'orgueil et parce que j'avais horreur de me faire réprimander par les profs.
Aujourd'hui, c'est un peu parce que c'est facile (pour l'instant), et beaucoup parce que j'ai une soif d'apprendre absolument inextinguible dans ce domaine ; donc bin c'est pas compliqué, j'écoute, je prends des notes, et je ne bavarde pas quand le prof parle.

Et, comme à l'époque, mes camarades, un peu manichéens dans leur manière de voir le monde, surestiment ma geekitude (ce n'est pas tout à fait le terme adéquat mais je ne trouve pas plus exact) : quand j'étais au collège, on me soupçonnait d'écouter de la musique classique toute la journée chez moi (alors que sorti des Beatles, je n'y connaissais rien, et encore maintenant la musique classique, je suis une vraie béotienne).

Et aujourd'hui...

Vendredi dernier, alors qu'au petit matin la plupart des mes camarades dormait à moitié (ou totalement) sur la table en attendant que le prof commence le cours, je m'extasiais des propriétés quasi-magiques du Madiran, qui absorbé en trop grande quantité (je ne marchais plus droit) la veille au soir, ne laissait pas la moindre trace douloureuse de gueule de bois au matin.

_ C'est fou, non ? Je suis même presque alerte ! m'exclamais-je, prenant à témoin la jeune Lisa, affalée en face de moi.

_ Tu as pris une cuite hier ? me demanda-t-elle alors, incrédule.

_ Bin oui, c'était pour accompagner ma voisine qui en avait besoin, je me suis laissée surprendre, 14° faut dire le Madiran...

_ Tu bois ??!?

_ Mais... oui. C'est tellement incroyable ?

_ Carrément ! Tu as l'air si... sérieuse !

Elle n'en revenait pas.

Ici je dois préciser quelque chose à propos de la sémantique à géométrie variable du verbe "boire". Chez les adolescents, boire de l'alcool signifie nécessairement se bourrer la gueule ( "J'ai bu 19 bières l'autre soir", nous racontait avec satisfaction un camarade, par exemple), sinon quel intérêt ?
En ce qui me concerne, comme pour beaucoup de gens et sauf exceptions de type Gros Chagrin Inconsolable, il s'agit de déguster... Savourer, reconnaître des arômes de fruits rouges ou de cuir ou de gingembre de tel cépage, et au passage tenter d'améliorer mes maigres connaissances en oenologie.

... Oui, bon d'accord, une vraie geek même en matière de pinard. Indécrottable.