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mer. 07 mars 2007

I smell just like Coffe and cigarettes (1)

Hier soir, pour mon anniversaire (rassurez-vous vous n'avez encore rien oublié, je ne vieillis officiellement que demain), Liv m'a emmenée au théâtre, voir Confessions trop intimes, avec Jacques Gamblin et Mélanie Doutey (et Marilyne Canto si je ne me trompe pas, et le quatrième comédien m'était inconnu).

Je ne suis pas tellement théâtre, je le confesse (pas vraiment concert non plus quoiqu'un peu plus tout de même ; finalement ça doit être "spectacle" que je ne suis pas trop). Pas que je ne n'aime pas ça, plutôt que ce n'est pas une habitude. Mais la pièce était plutôt bonne et je suis une inconditionnelle de Gamblin...

Je prends mes marques doucement dans mon nouveau job ; pas encore encaissé la fatigue qu'il me procure, mais je sais que ça ira mieux de jour en jour. La seule chose à laquelle je ne m'habituerai pas, je le sais, c'est le tabagisme passif ; j'ai pourtant ramené de Bosnie un certain stoïcisme à cet égard, puisque là-bas il est de mise partout et tout le temps. Je suis rentrée de Sarajevo supportant un peu mieux la fumée, râlant nettement moins après les fumeurs.

Mais dans un bistrot... Quand à l'heure de pointe quinze clopeurs accoudés au comptoir (sans compter ceux en salle) soufflent leur fumée dans MA direction (c'est pas parce que je suis paranoïaque que tout le monde n'est pas contre moi !), c'est bien simple, je suffoque. (je passe sur l'odeur infecte de tabac froid qui émane de ma personne quand je termine mon service, ce n'est qu'un désagrément mineur en regard de ce à quoi peuvent ressembler mes poumons à ce moment-là)

Jusqu'à présent, je ne prenais pas parti pour ou contre cette loi Evin-bis ; dans l'idéal, comme beaucoup de gens et de Miss France, je suis pour les libertés individuelles. Je déplore seulement que les gens ne cessent pas d'eux-mêmes cette habitude stupide et puante de la cigarette, et qu'on préfère les y obliger (avec certes plus ou moins de succès) par la loi.

Mais là je me demande : est-ce que le cancer des poumons (2) est considéré comme un cancer professionnel chez les garçons de café ? J'aimerais bien connaître les statistiques à ce sujet.

Dans mon cas, l'exposition ne durera probablement pas plus de quelques mois ; mais pour les serveurs dont c'est le vrai métier, 35 ou 39 heures par semaine, cette fameuse loi est plus que raisonnable, elle est nécessaire... enfin, ce n'est que mon humble avis.

(1) Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé ce film ! Mais la cigarette, c'est comme avec ces personnes qu'on préfère avoir en photo qu'à table ; je préfère la voir au cinoche que sous mon nez...

(2) ceci n'est qu'une malencontreuse coïncidence, promis, je n'ai pas prévu de parler de cancer tous les deux posts !

sam. 24 février 2007

Mon libraire, le cancer et moi

Hier en passant à ma librairie chérie je suis tombée sur "Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés" (Cancer made me a shallower person), une bédé autobiographique de Miriam Engelberg. J'ai lu les trois premières pages, j'ai dit banco et je l'ai ramené chez moi (ouii j'ai payé d'abord).

Et le soir, bien que couchée affreusement tard, je n'ai pas pu m'empêcher de le lire jusqu'au bout, tellement c'est drôle et prenant. L'histoire : Miriam ne supporte pas les courageux cancéreux qui l'entourent, et plutôt que de pratiquer la méditation et vivre intensément chaque minute de la vie, elle préfère se vautrer devant la télé pour y regarder des conneries. C'est d'un humour si noir que ça finit mal, je vous préviens.

D'aucuns n'apprécieront peut-être pas qu'on se rie de sujets aussi graves que le cancer et la mort, mais, pour citer Desproges, est-ce qu'elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu'elle ne pratique pas l'humour noir, elle ?

... Bref, c'est une bonne bédé. Cela dit je suis peut-être exagérément bon public, parce que j'ai l'impression que ce genre de bouquin a été écrit spécialement pour moi ; en effet, j'ai deux convictions dans la vie (la première n'a certes rien à voir) :

1/ Un jour, j'aurai un cheval (pour l'instant c'est pas gagné)

2/ Un jour j'aurai un cancer (là les statistiques me donnent plutôt raison)

Mon beau libraire, à qui je n'ai pas confié ces convictions (sentant le syndrome du panneau stop pointer son nez), m'a indiqué, en encaissant la bédé, l'existence d'un autre ouvrage sur le même sujet ; finalement ça se voit peut-être sur mon visage, que le sujet me concerne particulièrement. J'ai pris l'air dégagé et j'ai dit que mmh-mmh, on verrait ça la prochaine fois, car je ne voulais pas passer pour une maniaque de la tumeur...