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ven. 29 juin 2007

Un malentendu intéressant

(mon patron n'est pas là aujourd'hui, c'est un autre qui le remplace, il a aussi des défauts mais il est affable)

Je vois mon barman et mon patron intérimaire discuter à voix basse. Puis m'appeler "Viens voir par là !"

Et me demander "Tu finis quand, au juste ?"

Moi : bin le 31 juillet, comme prévu, pourquoi ?

On m'explique que le patron avait compris que je partais plus tôt que prévu, à savoir cet après-midi. Je mets les choses au clair, et puis m'en vais gamberger dans mon coin : c'est pour ça qu'il avait l'air si rogue !

Je ne m'explique pas un tel malentendu, ou plutôt, je me doute : d'un côté, lui, patron, s'attendant par principe et a priori à ce que ses employés lui fassent des coups de pute. De l'autre, moi, la mine défaite, qu'est-ce que je dis, décomposée, venue quémander deux jours de congé d'une voix blanche : quand il a vu ma tronche, il n'a pas écouté ce que j'ai dit, persuadé qu'il allait entendre ce qu'il redoutait.

Et moi de mon côté, pas déçue de sa réaction !

C'est instructif.

Je ne dis pas qu'il m'aurait correctement comprise si j'étais venue vers lui d'un pas serein, que j'avais eu la voix claire et posée, et que j'avais tranquillement exposé ma requête avec la seule simplicité qu'elle demandait ; il demeure coupable de n'avoir pas daigné me répondre. On dirait une fable cette histoire : la morale étant que si j'avais eu confiance en moi, tout ça ne serait pas arrivé.

Et paradoxalement, d'une manière générale, si j'avais confiance en moi, tant de choses arriveraient, enfin...

(peut-être que je ne suis pas très claire, il est possible que j'opère des raccourcis parce que je songe à ce problème depuis un moment...)

mer. 27 juin 2007

Scène de la vie virtuellement familiale

J'arrive trop tard pour dîner avec mes parents adoptifs mais ils ont gardé de quoi me nourrir (comme si j'avais besoin de me remplumer...). Je me sers une assiette, plitch, une goutte de sauce me tombe dessus.

Tss, tu es bien comme Le Goût, des vrais cochons tous les deux, se moque Heure Bleue, qui tendant le bras vers mon chandail... fait faire trempette à la manche de sa chemise dans mon assiette de ratatouille (et qui c'est qui a bien rigolé ? Les deux cochons !).

Aujourd'hui, épreuve morale pour moi : demander deux jours de congé à mon patron. Autant je me fais à peu près respecter par mes "égaux", autant j'ai beaucoup de mal à ne pas m'aplatir comme une crêpe de mouton bien docile devant ma hiérarchie (ce n'est pas un aspect de ma personne que j'aime énormément, j'essaye tout de même de vivre avec). Et mon chef n'étant pas des plus gracieux à mon égard, j'étais d'autant plus dans mes petits souliers (à tel point que j'ai plusieurs fois repoussé le moment de demander).

Ce après-midi donc, à la fin de mon travail, je m'approche de lui :

"_ Excusez-moi...

_ ... (il lève les yeux)

_ J'aurais besoin de deux jours de congé la semaine prochaine...

_ ... (grimace peu amène, à mi-chemin entre "tu me fais chier" et "je suppose que j'ai pas le choix")

_ Euh, ça serait lundi et mardi.

_ ... (re-la grimace)

_ ...

_ ..."

Je suis restée plantée là encore deux secondes, les bras ballants, et puis comme manifestement notre "conversation" était terminé, je suis partie, espérant "qui ne dit mot consent". Je veux bien que ça lui fasse pas plaisir, mais enfin ça lui aurait arraché la gueule de dire "bon, ok" ?

Enfin, demi-victoire sur moi tout de même (seulement demi parce que j'arrête pas d'y penser et de me dire qu'il va être encore moins aimable que d'habitude... c'et plus fort que moi, ça me touche alors que je sais que je devrais m'en ficher).