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sam. 13 octobre 2007

Pauvre petite fille riche

L'une de mes camarades de classe, parlant de l'inscription à l'école (qui se chiffre en milliers d'euros (1)) :

"Comme c'est mon père qui paye, je trouve ça beaucoup moins cher, forcément"

Je n'ai pas jugé utile de la détromper sur le forcément ; pas sûr qu'à 17 ans on puisse imaginer que la tendance s'inverse, un jour (et puis je fais déjà assez vieille conne comme ça auprès d'eux).

J'ai beau avoir un pourvoyeur de fonds formidable, généreux et discret, je commence à payer cher en scrupules ce qui ne me coûte pas d'argent.

Et même si ça signifie que je vais devoir réduire mes dépenses (j'ai pris de très mauvaises habitudes, parmi lesquelles celle de ne pas compter), j'ai finalement hâte du jour où je ne dépenserai plus que l'argent que j'ai gagné, moi...

(1) et que j'ai pu payer de ma poche, mais parce que mon cher papa assure tout le reste...

dim. 07 octobre 2007

De l'incompatibilité supposée de certaines activités

En tous cas il y a une chose qui ne change pas depuis que je suis revenue au lycée : je suis toujours la fayote de service... A l'époque, c'était par un mélange d'habitude, d'orgueil et parce que j'avais horreur de me faire réprimander par les profs.
Aujourd'hui, c'est un peu parce que c'est facile (pour l'instant), et beaucoup parce que j'ai une soif d'apprendre absolument inextinguible dans ce domaine ; donc bin c'est pas compliqué, j'écoute, je prends des notes, et je ne bavarde pas quand le prof parle.

Et, comme à l'époque, mes camarades, un peu manichéens dans leur manière de voir le monde, surestiment ma geekitude (ce n'est pas tout à fait le terme adéquat mais je ne trouve pas plus exact) : quand j'étais au collège, on me soupçonnait d'écouter de la musique classique toute la journée chez moi (alors que sorti des Beatles, je n'y connaissais rien, et encore maintenant la musique classique, je suis une vraie béotienne).

Et aujourd'hui...

Vendredi dernier, alors qu'au petit matin la plupart des mes camarades dormait à moitié (ou totalement) sur la table en attendant que le prof commence le cours, je m'extasiais des propriétés quasi-magiques du Madiran, qui absorbé en trop grande quantité (je ne marchais plus droit) la veille au soir, ne laissait pas la moindre trace douloureuse de gueule de bois au matin.

_ C'est fou, non ? Je suis même presque alerte ! m'exclamais-je, prenant à témoin la jeune Lisa, affalée en face de moi.

_ Tu as pris une cuite hier ? me demanda-t-elle alors, incrédule.

_ Bin oui, c'était pour accompagner ma voisine qui en avait besoin, je me suis laissée surprendre, 14° faut dire le Madiran...

_ Tu bois ??!?

_ Mais... oui. C'est tellement incroyable ?

_ Carrément ! Tu as l'air si... sérieuse !

Elle n'en revenait pas.

Ici je dois préciser quelque chose à propos de la sémantique à géométrie variable du verbe "boire". Chez les adolescents, boire de l'alcool signifie nécessairement se bourrer la gueule ( "J'ai bu 19 bières l'autre soir", nous racontait avec satisfaction un camarade, par exemple), sinon quel intérêt ?
En ce qui me concerne, comme pour beaucoup de gens et sauf exceptions de type Gros Chagrin Inconsolable, il s'agit de déguster... Savourer, reconnaître des arômes de fruits rouges ou de cuir ou de gingembre de tel cépage, et au passage tenter d'améliorer mes maigres connaissances en oenologie.

... Oui, bon d'accord, une vraie geek même en matière de pinard. Indécrottable.

sam. 08 septembre 2007

Premières impressions

Après trois jours de cours, je ne suis, dans mon corps et dans ma tête, pas encore habituée à ma nouvelle vie de lycéenne attardée.

Quand on me dit, le soir, "bon courage pour demain matin", parce que le lendemain matin je dois me lever tôt et qu'on sait que je n'ai pas l'habitude, il y a d'abord une fraction de seconde où je songe "hein ? quoi ?" et puis : "ah oui, les cours".

Les cours en eux sont prometteurs, je vais apprendre des tas de choses, d'ailleurs j'ai déjà commencé.

Mes profs sont normaux, sauf un qui est absolument psychopathe - mes petits camarades du haut de leurs 17, 18 ou 19 ans ne semblent pas s'en rendre compte, mais tous les adultes à qui j'ai décrit le phénomène sont aussi choqués que moi.

Ils sont marrants, d'ailleurs, ces gamins, j'avais oublié comment c'était : ils râlent sans arrêt, dès qu'il faut écrire trois lignes ou retenir un schéma par coeur ; ils ne sortent de quoi écrire le cours que si le prof leur demande expressément ; ils réclament tout le temps des pauses ; certains portent des espèces de serpillères autour du cou ; ils ont tendance à ne pas s'éparpiller, ils forment plutôt des grappes. Enfin bref c'est rigolo de les regarder vivre, j'ai la sensation de revenir à ma première vocation, l'ethnologie.

C'est également amusant de songer qu'il y a deux ans, c'était moi qui faisais cours à des gens de leur âge...