Après trois jours de cours, je ne suis, dans mon corps et dans ma tête, pas encore habituée à ma nouvelle vie de lycéenne attardée.

Quand on me dit, le soir, "bon courage pour demain matin", parce que le lendemain matin je dois me lever tôt et qu'on sait que je n'ai pas l'habitude, il y a d'abord une fraction de seconde où je songe "hein ? quoi ?" et puis : "ah oui, les cours".

Les cours en eux sont prometteurs, je vais apprendre des tas de choses, d'ailleurs j'ai déjà commencé.

Mes profs sont normaux, sauf un qui est absolument psychopathe - mes petits camarades du haut de leurs 17, 18 ou 19 ans ne semblent pas s'en rendre compte, mais tous les adultes à qui j'ai décrit le phénomène sont aussi choqués que moi.

Ils sont marrants, d'ailleurs, ces gamins, j'avais oublié comment c'était : ils râlent sans arrêt, dès qu'il faut écrire trois lignes ou retenir un schéma par coeur ; ils ne sortent de quoi écrire le cours que si le prof leur demande expressément ; ils réclament tout le temps des pauses ; certains portent des espèces de serpillères autour du cou ; ils ont tendance à ne pas s'éparpiller, ils forment plutôt des grappes. Enfin bref c'est rigolo de les regarder vivre, j'ai la sensation de revenir à ma première vocation, l'ethnologie.

C'est également amusant de songer qu'il y a deux ans, c'était moi qui faisais cours à des gens de leur âge...